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Les résistances

Dans la vie, lorsque quelque chose nous empêche d'avancer, on peut faire le tour de la question, le tour du problème, progresser dans sa compréhension, sans que cela ne semble rien changer. Alors qu'est-ce qui fait que, lorsqu'on veut vraiment changer, on n'y arrive pas ? Qu'est-ce qui nous en empêche ? Les résistances, ce sont ces forces qui vont dans la direction opposée au changement.


Ce qu'on appelle les résistances font partie intégrante de chacun d'entre nous. Nous en rencontrons et en provoquons tout au long de notre vie, que ce soit par rapport à soi-même ou avec les autres. Ces résistances sont en fait des mécanismes de défenses qui servent à nous protéger. Lorsqu'on veut changer, c'est qu'au moins une partie de nous veut le changement. Lorsqu'on ne veut plus d'un comportement, il faut aussi se dire que le comportement en question a été à un moment donné la réponse à quelque chose, la solution à un problème. Un des présupposés de la PNL (Programmation Neuro-Linguistique) est d'ailleurs que tout problème a été une solution. C'est-à-dire que, à un moment, vous avez fait appel à une partie de vous afin de résoudre un problème. Un fumeur, par exemple, a souvent commencé à fumer pour répondre à quelque chose. Peut-être qu'il avait besoin de plus de liberté, ou bien de plus de sécurité, ou bien simplement d'une petite pause, d'une réponse au stress, de faire comme les autres pour se faire accepter, etc. Et puis, petit à petit, cette réponse qui à l'époque était positive pour lui, qui a été une solution, va devenir un problème une fois que l'addiction s'est installée, et que ce que lui apportait la cigarette devient de moins en moins avantageux par rapport aux inconvénients que ça a amené à côté. Ce qui était une solution est devenu un problème. Et le fumeur va maintenant faire appel à d'autres parties de lui pour arrêter de fumer. Mais la partie de lui à l'origine du comportement problématique n'a peut-être pas envie d'arrêter. Elle a peut-être besoin d'être simplement entendue, remerciée, rassurée, pour pouvoir ensuite accepter de s'en remettre à un autre comportement qui sera plus sain, plus convenable...


Pour être plus clair, si l'on n'a aucune raison de ne pas changer, alors la question ne se pose même pas : le changement se fait facilement. Mais si l'on ne change pas malgré un réel désir de changement, c'est parce que cela donne lieu à un conflit interne. Si l'on voit le fonctionnement du cerveau en terme de structures, on peut imaginer que c'est comme une grande entreprise avec de nombreux employés. Et chacun a un rôle plus ou moins bien déterminé. Nous avons tous une partie créative, une partie qui gère la concentration, une partie émotionnelle, une partie rationnelle, etc. Autant de parties qui structurent ce que l'on appelle l'inconscient et qui est constitué de toutes ces choses à l'intérieur de nous qui agissent sans que nous en soyons conscient : ça se fait tout seul. Lorsqu'on veut changer et qu'on n'y arrive pas, la partie de nous qui veut changer entre en conflit avec celle qui ne veut pas changer. Et si l'on décide d'ignorer la partie qui refuse le changement, bien souvent c'est elle qui va gagner. Parce que l'habitude, l'expérience, les croyances, le temps... l'ont rendue plus forte.


La première chose à faire pour accueillir le changement est donc d'accueillir la partie qui ne veut pas changer. Il peut être bien de l'entendre, de l'écouter, de lui permettre d'exister et de s'exprimer, de reconnaître sa fonction et ses intentions positives... Pour reprendre la métaphore d'une entreprise, il peut arriver que la politique de l'entreprise, que ses buts, que ses objectifs, changent, se mettent à jour. Il faut alors prévenir les employés, les accompagner dans le changement, leur permettre de se mettre à jour.


Lorsqu'on veut obtenir un changement, en général, on a tendance à aller à l'encontre de ce qu'on ne veut plus. Parce que c'est ce qui paraît le plus logique à faire. On entre en résistance face à un comportement qu'on ne veut plus avoir ou qu'on veut changer. On se met donc automatiquement en situation de conflit. Mais le plus judicieux serait en fait de faire presque l'inverse. Quand on se sent en conflit avec quelqu'un, qu'on se sent attaqué, on a le réflexe de se défendre. Mais que se passe-t-il si l'on décide de laisser l'autre attaquer dans le vide, de ne pas se défendre ? Si l'autre n'a plus rien à attaquer, il n'aura plus aucune raison de garder cette position d'attaque. Il sera peut-être même ouvert à la communication. C'est d'ailleurs le principe de la dérision et de l'auto-dérision. On pourrait dire que ce sont des processus de défense par acceptation ou indifférence. Lorsqu'on fait de l'auto-dérision, on utilise en fait les armes de l'autre, et on le laisse avec des chargeurs vides. Il n'a plus matière à attaquer, à entrer en conflit.


L'inconscient ne connaît pas les négations. Si je vous demande de ne pas penser à un chat noir, à quoi pensez-vous ? Le cerveau doit d'abord créer l'image d'un chat noir, pour pouvoir ensuite essayer de l'effacer. De la même façon, que se passe-t-il si on demande à un fumeur d'arrêter de fumer ? Les fumeurs le savent : plus on leur dit qu'il faut arrêter, plus ils ont envie de fumer. La résistance va toujours dans le sens opposé : pour arrêter de fumer, dans une logique inconsciente, il faut d'abord fumer. Mais que se passe-t-il si on demande à un fumeur de ne surtout pas arrêter maintenant, voire de fumer deux cigarettes de plus pendant quelques jours ? En demandant de ne pas arrêter de fumer, l'inconscient va d'abord partir sur l'idée d'arrêter. Il peut aussi se focaliser un peu plus sur le comportement de fumer. Le fumeur va pendant quelques jours arrêter de culpabiliser, s'autoriser à fumer, et conscientiser un peu plus ce comportement en le déconstruisant petit à petit. Et lorsqu'il prendra la décision d'arrêter, ce sera probablement plus facile. Parce qu'il se sentira prêt, parce que la partie de lui qui fume aura été autorisée à s'exprimer. Elle aura été entendue et comprise. Elle ne travaillera plus contre le fumeur, mais avec lui. Bien sûr, cela ne suffit pas forcément et ne peut être que le premier pas du changement. Mais parfois, tout ce qui est nécessaire au changement a déjà été fait en amont, et il ne reste plus qu'une résistance pour empêcher le changement. Dans ce cas-là, enlever cette résistance suffit à provoquer le changement.


Si changer est dur, essayez de tout faire pour ne pas changer. Ce sera peut-être encore plus dur de ne pas changer... Je terminerai avec une petite histoire (vraie) qui, je trouve, illustre parfaitement le principe de résistances :

Le docteur Milton Erickson, psychiatre très réputé du 20ème siècle, lorsqu'il était jeune, vivait dans une ferme. Un jour, il tomba sur son père en train d'essayer de toutes ses forces de faire entrer l'âne dans l'étable en tirant sur ses brides. Mais l'âne, têtu, s'obstinait à résister à son maître en tirant dans le sens opposé. Cela le faisait simplement reculer un peu plus. Le jeune Milton demanda à son père s'il pouvait essayer de faire entrer l'âne, mais d'une autre manière. Alors il s'approcha de l'âne par derrière, le prit par la queue et tira de toutes ses forces, comme pour le faire reculer plus. L'âne, fidèle à sa résistance, tira dans l'autre sens et avança directement dans l'étable.


Si vous n'arrivez pas à ouvrir une porte en poussant, essayez de tirer...

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David Renassia – Thérapies brèves

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