Les compulsions

Compulsions : origines


Le mot compulsion vient du latin compulsio qui signifie "contrainte". Une compulsion est donc une action que l'on fait sous la contrainte. On retrouve les compulsions dans toutes les formes d'addictions, et elles sont aussi très souvent reliées à des idées ou à des pensées obsessionnelles. On peut alors parler de Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC).



Comment ça marche ?


Quelqu'un qui a une compulsion alimentaire ne peut pas s'empêcher de manger certains aliments, de manière répétée, comme si quelque chose poussait le corps à manger tout seul. En général, le schéma est toujours plus ou moins le même et inclut un rituel. Ce qui déclenche le comportement compulsif est une idée. Cette idée est associée à un processus complètement automatique qui amène le comportement, de sorte que, parfois, on ne s'en rend même pas compte. Une compulsion est un processus plus inconscient que conscient. C'est-à-dire qu'on est, en général, conscient que ça se fait, mais ça se fait de manière inconsciente. Et cette incongruence entre conscient et inconscient provoque des conflits internes dans lesquels, d'un côté, quelque chose nous pousse à agir et, d'un autre côté, on essaie de luter contre la pulsion, et donc de ne pas agir.



La puissance d'une idée



Nous sommes tous, à un moment ou à un autre, dans cette situation déstabilisante. Par ailleurs, c'est une situation que tous les fumeurs connaissent lorsqu'ils essaient d'arrêter de fumer. Dans certaines situations, il peuvent allumer une cigarette et commencer à la fumer sans même s'en rendre compte. Mais il peut être très difficile de mettre un terme à un comportement compulsif. Le mécanisme de la compulsion est le suivant : cela part d'une simple idée qui va déclencher le processus compulsif. Par exemple, l'idée de manger du chocolat. Cette idée peut venir du chocolat lui-même : un simple regard suffit. Puis cette idée, qui jusque là n'existait pas encore, commence à germer, à faire son chemin, inconsciemment. C'est comme si le corps était attiré par le chocolat. Alors on peut trouver des raisons rationnelles de ne pas céder à cette idée, mais ce faisant, on permet à l'idée de grandir, de prendre de plus en plus d'espace, puisqu'on lui permet d'exister. Peut-être même que, le temps de réfléchir, d'être occupé à trouver des raisons de ne pas le faire, on se retrouve avec un chocolat dans la bouche. Et cette simple idée de départ peut nous amener à engloutir toute la boite. Jusqu'au moment où on lâche prise sur cette idée, parce qu'une autre idée a pris place ou que notre attention a été attirée ailleurs, ou encore parce que le conscient a décidé d'arrêter de se justifier et d'agir autrement. En général, plus on dépense d'énergie à ne pas faire quelque chose, à s'empêcher de faire, plus ça devient coûteux et difficile de ne pas le faire.



Une question de volonté ?



Si l'on reprend l'exemple de la cigarette, un fumeur qui tourne à 20 cigarettes par jour ne se contraint pas énormément, en terme d'énergie dépensée pour ne pas fumer. S'il passe maintenant à 10 cigarettes par jour, il se retient d'en fumer 10. Contrairement à ce qu'on dit, il faut beaucoup de volonté pour fumer et pour continuer à fumer. Et un fumeur qui se restreint à 5 cigarettes par jour pense beaucoup plus à la cigarette que celui qui en fume 20. Il doit conscientiser ses compulsions et y résister de manière consciente, en comptant sur sa seule volonté. Mais la volonté ne suffit pas, parce qu'elle nourrit la compulsion et lui permet d'exister aussi de manière consciente, et donc d'être plus forte. Le but va être en fait de dés-associer le déclencheur du comportement compulsif, de sorte que l'idée d'une cigarette ne déclenche plus l'envie, la pulsion, de fumer. Si cette dés-association est faite en amont, alors il sera beaucoup plus facile d'arrêter de fumer, la contrainte n'étant plus là. Si avoir une compulsion demande beaucoup de volonté, ne plus l'avoir demande surtout une bonne motivation inconsciente. Si un fumeur apprend qu'il a une tumeur à cause de la cigarette, cela peut suffire à le faire arrêter, parce qu'alors ce sera une motivation suffisante. Parce que l'idée de cette tumeur qui grossit est maintenant associée elle aussi à l'idée de la cigarette. Et peut-être qu'un sentiment très désagréable accompagnera alors l'envie de fumer qui sera déclenchée par l'idée de fumer. Et dans certains cas, cela ne suffit pourtant pas. Ce qui montre bien la force que peut avoir une simple idée. Et en usant seulement de la volonté consciente, le combat se fait à armes inégales.



Déconstruction



Pour dés-associer une compulsion et une obsession, on peut par exemple créer une nouvelle association. Si on associe la cigarette à une sensation de dégoût ou à une envie de tousser, les deux sentiments que sont l'envie et le dégoût peuvent simplement s'annuler, l'envie étant masquée par le dégoût. Mais on peut aussi renvoyer l'idée de départ à une autre idée, plus convenable, comme boire de l'eau. Si à chaque fois que l'on pense à une cigarette, cela renvoie maintenant à l'envie de boire de l'eau, et bien cela pourrait permettre d'oublier l'idée de fumer. Parce qu'il faut aussi savoir qu'une pulsion ne dure pas longtemps. Chez les fumeurs, l'envie de fumer dure en général moins de 5 minutes, après quoi l'attention passe naturellement à autre chose, et ce jusqu'à la prochaine envie. Donc, si pendant ces 5 minutes, ils sont occupés à autre chose, comme boire de l'eau, l'idée disparaît et ils "manquent" une occasion de fumer. La meilleure chose à faire pour déconstruire une compulsion étant peut-être de jouer sur notre capacité naturelle à oublier. Et pour oublier quelque chose, il ne faut pas penser à l'oublier, mais plutôt penser à n'importe quoi d'autre. Dans le cas d'un TOC, on peut aussi déconstruire le mécanisme compulsif en déconstruisant le rituel qui y est associé, en en modifiant le sens. Prenez quelqu'un qui ne peut pas s'empêcher de faire trois fois le tour de sa voitures pour vérifier qu'elle est bien fermée et demandez-lui de faire dix tours à la place. Le rituel perdra de son sens et il finira peut-être par se lasser lui-même de ce TOC en s'apercevant de son non-sens.



Désactivation



Finalement, pour désactiver l'association compulsive, il faut utiliser exactement le même mécanisme en créant de nouvelles associations ou en désactivant les associations inconscientes existantes. Au lieu de tout faire pour ne pas penser à quelque chose, il faut apprendre à penser simplement à autre chose à la place. Comme tout apprentissage, cela peut parfois prendre un certain temps. Parfois encore, il suffit simplement d'un déclic qui nous permet de voir les choses différemment, d'avoir un point de vue nouveau. Le cerveau apprend par associations et par répétitions, un peu comme pour le chien de Pavlov, que vous connaissez tous, et qui, à force d'entendre une cloche sonner juste avant de recevoir à manger, finit par se mettre à saliver au simple son de la cloche. Dans ce cas, pour inverser le processus, il suffit que le son de la cloche ne soit plus associé à aucun événement. Si la cloche continue de sonner pour rien, l'association sera de moins en moins forte, jusqu'à ne plus provoquer la salivation.


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David Renassia – Thérapies brèves

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