Contrôler ses émotions



Les émotions sont nombreuses et variées. Comme pour les couleurs, on peut repérer des émotions primaires qui, une fois mélangées, peuvent donner lieu à des émotions secondaires. Dans les émotions primaires, d'après le docteur Ekman, on peut compter la peur, la colère, le dégoût, la surprise, la tristesse, le mépris et la joie. Toutes ces émotions donnent lieu à des expressions faciales et corporelles facilement reconnaissables et distinguables. L’impatience, par exemple, qui est une émotion secondaire, est le mélange de plusieurs émotions primaires, comme la colère et la peur, ou la peur et la joie...



Le cerveau fonctionnant par répétition et association, une émotion est toujours reliée à une représentation mentale, qu’elle soit consciente ou inconsciente. La représentation de l’émotion elle-même peut aussi influer sur sa valence émotionnelle et sur son intensité. Le sentiment d’empathie est par exemple relié à la représentation que l’on a d’autrui, à notre capacité à nous mettre mentalement, dans notre réalité psychique, à sa place, à imaginer ce que l'autre ressent, ce qu'il vit. Le sentiment de peur dépend de la représentation que l’on se fait de l’objet de peur (cf. Comprendre sa peur).



Dès lors qu’une réponse émotionnelle se déclenche, une série de liens se fait. Ces associations sont basées sur ce qu'on pourrait appeler des mémoires émotionnelles. Ainsi, imaginons qu’un enfant voit une flamme pour la première fois, et que personne ne l’a prévenu que ça brûle. Il décide de toucher la flamme, mais ça fait très mal. Alors il retire sa main, et la douleur crée un lien avec la peur, avec la situation, pour lui permettre d'apprendre.


Et la prochaine fois que l’enfant verra une flamme, celle-ci le renverra directement à la représentation qui a été stockée la première fois, qui renverra à l’idée de la douleur et au sentiment de peur afin de le protéger de ce qui aura été perçu comme un danger.



Les émotions ont donc un rôle. C’est par elles et par leur fonctionnement par associations que nous sommes capables d’apprendre et d’évoluer. Elles nous servent de repères pour constituer nos valeurs, notre morale, nos croyances, notre identité. Le bien et le mal, par exemple, sont des concepts abstraits, et pourtant présents chez tout le monde, mais pas de la même façon. Ce sont des notions subjectives, basées sur notre expérience de vie, notre éducation, et rattachées aux émotions. Lorsqu'on voit quelque chose qui nous emplie de joie, ça pourra être associé à la notion de bien. Si au contraire cela nous dégoutte ou nous met en colère, ça pourra être associé à la notion de mal. D'une certaine façon, nous sommes conditionnés tout au long de notre vie à faire certains liens inconscients. En fonction de ce qu'on nous a appris, en partie durant notre enfance, certains d’entre nous seront plus à l’aise que d’autres avec leurs émotions, tandis que d’autres auront plutôt appris à les refréner. Les premiers auront tendance à être très associés à certaines situations, très attachés à certaines choses ou personnes, tandis que les deuxièmes auront du mal à montrer ce qu’ils ressentent, à exprimer leurs émotions, et seront plutôt dissociés, détachés, de ce qu’ils vivent. Les premiers auront tendance à se laisser contrôler par leurs émotions, à en être esclaves, tandis que les deuxièmes seront peut-être esclaves de leur propre contrôle.



Alors doit-on contrôler nos émotions ou plutôt se faire contrôler par elles ? En fait, nous sommes capables de faire les deux. Nous pourrions apprendre à garder le contrôler tout en sachant contrôler un certain lâché prise. Le fonctionnement de l’être humain n’étant pas quelque chose de binaire mais plutôt de multidirectionnel, nous avons tous des situations que nous contrôlons parfaitement, et d’autres qui nous dépassent émotionnellement. La différence se trouve dans la part que nous donnons à chacune de ces deux capacités.



Faisons un test : prenez un souvenir, n’importe lequel, et demandez-vous à quoi ressemble l’image de ce souvenir. Une fois que vous avez cette image, cette représentation, de manière consciente, demandez-vous si vous êtes dans l’image ou bien en dehors. Vous voyez-vous dans l’image depuis l’extérieur ou bien voyez-vous directement les choses depuis l’intérieur sans vous voir vous-même ? Si vous êtes dans le premier cas, cela veut dire que vous êtes plutôt détaché de ce souvenir, de cette situation. Si vous êtes dans le deuxième cas, c’est que vous êtes plutôt attaché, associé, au souvenir et aux émotions associées. Trouvez maintenant un autre souvenir, rattaché à d’autres émotions, et refaites ce petit exercice de visualisation. Est-ce que le résultat est différent ?


De cette façon, vous pourrez vous apercevoir de si vous êtes plutôt quelqu'un de contrôlant ou plutôt l’inverse, et dans quelle mesure. Vous pourriez aller plus loin en décidant si vous voulez être associé à un souvenir ou si vous voulez en être détaché. Prenez un souvenir qui vous fait perdre le contrôle, et essayer de prendre de la distance avec sa représentation. Imaginez que l’image s’éloigne, qu'elle prend de la distance. Imaginez que vous vous voyez en petit, mettez l’image en noir et blanc, rajoutez un cadre sobre, changez sa position spatiale... Changez la forme de l’image, sans vous préoccuper du contenu.


Si vous avez au contraire un souvenir duquel vous êtes trop détaché, associé à des émotions positives, essayez de vous placer dans l’image, de voir et d’entendre ce que vous voyiez et entendiez, de ressentir de ce que vous ressentiez... Donnez plus de place à vos émotions, tout en sachant qu’à tout moment vous pouvez sortir de l’image à nouveau.


Ces exercices de visualisation mentale reposent sur le fait que, pour le cerveau, le contenu des images n’est pas vraiment important. Ce qui compte, c’est le lien qui est fait avec ce contenu, avec le fond, et la façon dont il est fait : sa forme. Vous pourrez donc vous rendre compte que tous vos souvenirs positifs sont construits à peu près de la même façon. Leur contenu, leur fond, est différent, mais la forme est la même. Si vous prenez la représentation sous la forme d’une image, elle sera peut-être positionnée à chaque fois au même endroit, toujours en grand, lumineuse, avec des couleurs chaudes et vives, si vous essayez d’imaginer les sons qui lui sont associés, ce sera peut-être toujours le même type de sons, avec un rythme similaire, une tonalité similaire, etc. Pareil pour les sensations qui seront associées à ces souvenirs : est-ce plutôt chaud ? Plutôt froid ? Plutôt diffus ? Plutôt concentré ? ... Et comme c’est vous qui créez les liens, vous avez aussi la capacité de les changer ou bien de les défaire. Si vous prenez un souvenir négatif, l’image ne sera pas positionnée au même endroit, les couleurs seront peut-être plutôt froides, la lumière plutôt morne, etc. Il vous suffira alors peut-être simplement de déplacer cette image spatialement, en imagination, de changer les couleurs, de changer la luminosité...



En fait, c’est comme si vous aviez à disposition un logiciel de retouche par rapport à vos sens (visuel, auditif, kinesthésique, gustatif, olfactif). Vous pouvez jouer sur le contraste, sur la luminosité, sur l’inclinaison, sur la taille, sur les couleurs, sur l’opacité. Vous pouvez rajouter un cadre, une bordure, mettre en noir et blanc ou en négatif, ajouter un filtre... Vous pouvez rattacher un son à l’image, en mono ou en stéréo, avec de nombreux effets possibles, et même une sensation, une odeur ou un goût. Autant de paramètres qui influent sur votre perception de l’image et sur les émotions associées.


Si vous avez tendance à être impulsif et que cela ne vous convient pas, entraînez-vous à être en dehors de l’image lorsque vous souhaitez garder le contrôle de vos émotions. Essayez de modifier votre représentation des souvenirs où vous avez été impulsif, votre perception d’une situation actuelle ou à venir et que vous redoutez. Souvenez-vous que l’esprit fonctionne par associations, mais aussi par répétitions. En d'autres termes : plus vous faites quelque chose, plus vous prenez l'habitude de le faire, et plus ça devient facile et automatique.


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David Renassia – Thérapies brèves

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David Renassia

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