Comprendre sa peur



L’amygdale est une partie du cerveau située dans le lobe temporal. Elle agit notamment sur la valence émotionnelle, négative ou positive, et sur l’intensité des émotions, du plaisir, mais aussi de la peur. Lorsqu’un éventuel danger est détecté, les glandes surrénales sécrètent de la noradrénaline, un neurotransmetteur. C’est ce neurotransmetteur qui est responsable, entre autres, de l’augmentation du rythme cardiaque et de la respiration. La peur est donc d’abord un simple signal envoyé par le corps. Ensuite, l’esprit réagit à ce signal de manière plus ou moins émotionnelle afin de décider de la meilleure réponse possible. La peur entraîne des mécanismes de défense plus ou moins élaborés qui ont tous pour moteur ce que l’on pourrait appeler l’instinct de survie. En général, ce sont les mêmes choix qui reviennent dans les situations de peur : se battre, fuir, ou faire le mort. On retrouve ces réponses primaires chez les animaux. Lorsqu’un animal est attaqué par un autre animal, plus fort et plus rapide, il sait instinctivement qu’il ne peut ni fuir, ni se battre. Son ultime moyen de défense est donc en général de faire le mort. Chez l’être humain, ces trois réponses prennent des formes plus variées, étant donné qu’un danger peut être réel mais aussi imaginaire. La réponse de peur sera pourtant la même, parce que le cerveau ne fait pas vraiment de différence entre réalité psychique et réalité physique, au niveau du vécu.



Cela explique que la peur puisse être pathologique. La peur est essentielle à la survie de l’être humain, lorsqu’elle est bien dosée. Mais parfois, on peut avoir trop peur, ou pas suffisamment, lorsque notre réalité psychique s’éloigne trop de la réalité physique. Lorsqu’on a trop peur, la peur peut devenir une phobie, et parfois la simple pensée de l’objet de la peur peut littéralement paralyser, déclenchant inutilement la réponse « faire le mort ». L’esprit ne fait pas la différence entre l’idée d’une chose et la chose elle-même.



Quelqu’un qui a une réelle phobie des araignées sera dans le même état en présence d'une araignée qu’en son absence , puisqu'il lui suffit de penser à l'idée qu'il s'en fait et il se sentira exactement aussi mal que si une araignée était juste devant lui.




Mais là où la réalité physique admet des limites, la réalité psychique est déterminée en partie par l’imagination, qui n’a pas de limites tangibles. Notre phobique des araignées a donc sûrement une image mentale de l’araignée bien différente de ce qu’elle est en réalité. Il la voit sans doute bien plus grosse, bien plus moche et repoussante, qu’elle ne l’est en réalité, et sa notion du danger en est probablement altérée. Si maintenant nous apprenions à cet individu à remodeler, changer, l'image qu'il se fait de l'araignée, cela pourrait permettre à sa réalité psychique de se rapprocher de la réalité physique. Si on transforme l'araignée mangeuse d'hommes en une petite bestiole inoffensive, la peur risque même de complètement disparaître. Et cela peut se faire très rapidement sous hypnose, ou même par de simples processus de visualisation.


Mais supprimer une peur peut-être contre-productif et même dangereux dans certains cas. Si la phobie se transforme en plaisir, le plaisir siégeant physiologiquement au même endroit que la peur. On se retrouve dans le cas où l’on n’a plus assez peur. Le problème s’est donc simplement déplacé. Bien entendu, dans les cas où il n’y a aucune raison d’avoir peur, il n’y a plus de problème. Mais dans les autres cas, on va plutôt préférer baisser l’intensité de la peur jusqu’à un niveau normal. La peur sera simplement plus neutre, la valence émotionnelle sera moins forte.



En général, lorsqu’on fuit en réaction à une peur, on fait tout pour éviter l’idée même de la peur. Mais, ce faisant, on alimente la peur, on lui permet de devenir plus grande. Et, bien souvent, lorsqu’on finit par être confronté à l’objet de cette peur, on se rend compte de la différence qu’il y avait entre ce que l’on imaginait et la réalité empirique : on se rend compte que tout se passait surtout dans notre imagination.




La réponse de confrontation à la peur est finalement celle qui permettrait de confronter la réalité psychique du danger avec sa réalité physique. C’est donc la réponse qui permet d’avoir le meilleur contrôle sur la situation de peur. Mais tout dépend alors de la façon de s'y confronter. Si l’on y répond de manière trop émotionnelle, on risque d’agir de manière impulsive et de le regretter par la suite. A l'inverse, y répondre en ignorant ses émotions pourrait revenir à fuir. Et bien souvent, on fait l’erreur de confondre la peur et l'objet de la peur. La peur est un sentiment qui fait partie de nous, un mécanisme de défense qui a lieu dans le but de nous protéger. Mais c’est bien l’objet de cette peur qui devrait nous faire peur, et non la peur elle-même.


La peur peut se voir comme un chien de garde. Le chien reste dans le jardin et garde la maison. Son rôle est d’aboyer lorsque que quelque chose ne va pas ou qu’un éventuel danger est proche. La peur devient pathologique lorsqu'on commence à avoir peur du chien lui-même ou bien lorsque le chien prend l'habitude d'aboyer pour rien, qu'il commence à avoir lui-même peur, etc.



Il est donc important d’écouter la peur, de ne pas l’ignorer, de l’accepter comme une alliée. Il est important de se confronter à ce qui nous fait peur, dans notre réalité psychique. Et parfois, se poser les bonnes questions peut suffire : Suis-je vraiment en danger ? Quels sont les risques ? La fuite permet-elle d’arranger les choses ou de supprimer le problème ? L’inaction permet-elle de supprimer le problème ? Pourquoi ai-je peur ? Comment est-ce que je fais pour avoir peur ? Que pourrais-je faire différemment ? De quelle façon ? ...


Parfois, lorsque la réponse émotionnelle devient trop forte, cela peut devenir vraiment compliqué d’y faire face tout seul. Il peut alors être utile d’avoir une aide extérieure qui pourra vous fournir le point de vue et l’objectivité dont vous avez besoin. L’Hypnose et la Programmation Neuro-Linguistique (PNL) permettent d’obtenir de bons résultats dans le cadre des phobies et des traumatismes, ou des peurs en général, en un nombre de séances assez court.


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David Renassia – Thérapies brèves

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David Renassia

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