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Amour vs Peur : moteurs de vie

Dans la physique classique de Newton, tout mouvement prend forme dans des forces, soit de répulsions, soit d'attirance. La pomme tombe de l'arbre parce qu'elle est attirée vers le centre de la Terre. C'est le principe de la gravité. De la même façon, deux aimants de pôles opposés s'attirent. Et deux aimants ayant le même pôle se repoussent. Nous obéissons tous à ces forces, parce que nous sommes dans la matière. Mais l'esprit semble aussi obéir à ces lois universelles. Derrière toute action, derrière tout mouvement à l'intérieur de nous, il y a des choses en opposition et des choses en phase. Il y a parfois des conflits, des répulsions internes, entre les différentes parties de nous et avec ce qui nous entoure, et parfois au contraire, certaines parties de nous ont envie d'aller vers d'autres parties de nous, ou bien vers ce qui les entoure. D'une certaine façon, c'est comme s'il y avait deux énergies bien distinctes, l'une qui prend forme dans l'opposition et l'autre dans l'attirance, et qui constituent deux moteurs très puissants pour nous permettre d'être en mouvement dans la vie. Ces deux moteurs sont l'amour et la peur.




La peur : s'éloigner de...


La peur, d'une manière très générale, est cette énergie qui provoque en nous des conflits, des oppositions. La peur nous permet de nous éloigner de l'objet de la peur, de tout ce qu'on ne souhaite pas avoir ou qu'on ne souhaite pas approcher. Elle peut être un moteur incroyablement puissant et nous fait avancer dans la direction opposée à ce dont elle nous fait nous éloigner. Elle concerne tout ce qu'on ne comprend pas, tout ce qui ne nous correspond pas consciemment. Elle constitue l'anti-modèle de ce que l'on vise dans la vie.



Prenons quelques exemples (fictifs) :


Billy a grandit avec deux parents fumeurs. Il a, très tôt, été habitué à l'odeur de la fumée de cigarette dès le matin, une odeur infecte et nauséabonde. Il entendait son père tousser, voyait sa mère stressée par la cigarette. Plus tard, son père a eu un cancer des poumons et a failli en mourir. Pourtant, son premier réflexe a été de fumer une cigarette aussitôt sorti de l'hôpital. Billy a développé très tôt une appréhension envers la cigarette. Il a grandit en opposition à celle-ci, dans la peur de devenir comme ses parents. Il s'est toujours éloigné de tout ce qui touchait de près ou de loin à la cigarette. Il n'a jamais voulu essayer, pas même une fois, et s'est juré de ne surtout pas donner cet exemple à ses enfants plus tard. Billy ne sera jamais fumeur, parce que c'est ce dont il s'éloigne. Il s'est construit autour d'un mode de vie sain et équilibré pour être sûr de ne jamais plus être atteint par la cigarette.


Estelle était une enfant battue durant son enfance. Son père était alcoolique et sa mère dépressive. Elle n'a jamais pu faire confiance à ses parents et a grandit au contraire dans la peur et l'appréhension des autres. A l'adolescence, Estelle a développé une phobie sociale dans laquelle elle s'est éloignée des autres et allait plutôt vers une solitude rassurante. Plus tard, elle est devenue une femme indépendante, a développé une bonne confiance en elle, en opposition à la faible confiance qu'elle avait en les autres. Elle a monté une association qui lutte contre la maltraitance des enfants.



En règle générale, la peur constitue tout ce dont on s'éloigne, comme un anti-idéal de vie que l'on ne veut pas atteindre, ou plus simplement comme tout ce qu'on ne veut pas avoir, tout ce qu'on ne veut pas être. Parfois, ce sont des parties de nous-même que l'on rejette et desquelles on cherche à s'éloigner. La peur est donc un moteur de vie essentiel et indispensable. Elle est complémentaire à l'amour et existe parce que l'amour existe, et inversement. Chacune de ces énergie met en reflet l'énergie qui s'y oppose et la renforce dans le contraste qui se fait entre les deux.



L'amour : aller vers...


A l'inverse, l'amour est l'énergie qui nous fait aller vers. C'est aussi un moteur très puissant qui constitue, d'une manière générale, l'idéal de vie vers lequel on tend. Plus spécifiquement, ce sont toutes les parties de nous que l'on aime, que l'on accepte, que l'on a envie de montrer. L'amour est ce qui nous fait tendre vers ce qu'on aime, ce qui nous attire, ce qui nous parle, ce qui vibre en résonance avec une partie de nous que l'on aime.



Prenons quelques exemples (fictifs) :


Oscar a grandit dans une famille catholique très religieuse. Tous les dimanches, ils allaient à la messe et partageaient ce moment en famille. Ils faisaient des prières ensemble et cela leur permettait d'être heureux, d'être réunis. Oscar a eu une enfance heureuse et a grandit dans l'amour et dans la foi religieuse. Il a associé les deux, inconsciemment, et a eu comme exemple de la religion quelque chose qui rapproche, qui réunit les gens. Plus tard, Oscar a continué à pratiquer ; il a maintenu les traditions familiales et les a inculquées à ses enfants. Il leur a donné l'exemple qu'il a eu parce que c'est ce qui lui a permis de trouver son bonheur dans la vie. L'amour et la bienveillance de ses parents, et de la religion a son égard, ont été transmis à ses enfants. Il est devenu un respectable chef d'entreprise et a monté une association chrétienne d'aide aux démunis. Il est dans l'amour et la bienveillance qu'il a reçu et continue à se diriger vers cet idéal de vie. Il espère pouvoir continuer à le transmettre aux autres et à montrer l'exemple qu'il a reçu lorsqu'il était enfant.


Madison avait des parents très heureux. Elle les voyait jouer ensemble et ressentait tout l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre. Ils lui avaient raconté qu'ils s'étaient connus très tôt, et ils ne s'étaient jamais séparés. Elle voyait leurs yeux briller le soir, lorsque leurs regards se croisaient, et ça la faisait se sentir incroyablement bien. Elle a grandi avec des contes de fées merveilleux et remplis d'amour et d'espoir. Elle a toujours cru au prince charmant, même une fois devenue adulte. Elle croit fermement en la bonté de chacune des personnes qu'elle rencontre et ne voit que le meilleur de chacun. Elle a même finit par rencontrer son prince charmant et est très vite tombée amoureuse. Ils se sont mariés peu de temps après et ce fut un mariage heureux et durable, de la même façon que ses parents. Ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants...



Bien sûr, tous ces exemples sont caricaturaux, même s'ils ne sont pas si loin de la réalité. Mais en réalité, nous avons tous certains modèles et certains anti-modèles. Nous avons tous des choses desquelles on veut s'éloigner le plus loin possible, et d'autres que l'on vise, que l'on veut atteindre, qui nous attirent. Nous avons tous certaines peurs et certains amours. C'est ce mélange, ce qui en ressort, qui va constituer le moteur de notre vie, en fonction des situations, des contextes, en fonction de nos croyances, de nos vérités, de ce que l'on souhaite avoir et de ce que l'on ne souhaite pas avoir, de ce que l'on souhaite devenir et de ce que l'on ne souhaite pas devenir. Et c'est dans ce conflit, dans cette opposition entre peur et amour, et dans l'union qui en naît, que l'on cherche et que l'on trouve sa place.



Amour versus Peur : un éternel conflit



Il convient de distinguer aussi la différence entre les forces conscientes et les forces inconscientes. En règle générale, la motivation (inconsciente) sera bien plus forte que la volonté (consciente). Ce qui "se fait tout seul" est plus simple à vivre et à faire que ce que l'on doit faire par la simple force de la volonté. Et si volonté consciente il y a besoin d'avoir, c'est bien souvent parce que de l'autre côté, inconsciemment, il y a une force qui s'y oppose. Ici, lorsqu'on parle d'amour et de peur, on parle des forces inconscientes qui sont en jeux, sous la conscience ; de manière subconsciente. Ainsi, on peut très bien avoir peur de quelque chose et pourtant aller vers cette chose. Dans ce cas-là, peut-être que la somme de ces deux forces résulte dans le fait d'aller vers. Inversement, on peut très bien vouloir à tout pris se diriger vers une chose et pourtant avoir du mal, ou ne pas y arriver ; parce qu'en réalité, inconsciemment, peut-être que cela nous fait peur. Lorsque la conscience est en accord avec le subconscient, les forces s'additionnent et il est alors très facile d'aller vers ce qu'on veut ou de s'éloigner de ce qu'on ne veut pas. Par contre, si la conscience et le subconscient sont en désaccord, les forces peuvent s'annuler, et l'une finit par prendre le dessus sur l'autre. Et c'est souvent la force subconsciente, inconsciente, qui finit par gagner. C'est le cas par exemple dans le cadre des compulsions, ou pour les femmes (ou hommes) qui sont toujours attiré(e)s par le même type d'hommes (ou de femmes) ou de relations, alors qu'elles (ils) font tout pour s'en éloigner...


De plus, la peur, comme l'amour, sont des apprentissages. Le choix d'utiliser plutôt l'une ou l'autre de ces deux forces provient de notre enfance, de notre éducation, de notre expérience de vie. Certaines personnes vont beaucoup plus utiliser le moteur de l'amour, et très peu celui de la peur. Ainsi, elles vont avoir plus de mal à être en mouvement si ce n'est que pour s'éloigner de ce qu'elles ne veulent pas. C'est aussi pour cela que certaines personnes peuvent rester pendant des années en dépression et dans des situations défavorables et insupportables. Peut-être aussi qu'elles supportent cela parce que, à côté, elles n'ont rien vers quoi tendre, et que s'éloigner de cela, tout seul, n'est pas suffisant pour elles. A l'inverse, certaines personnes vont préférer s'éloigner de plutôt que d'aller vers. Pour ceux-là, c'est peut-être justement lorsqu'ils se retrouvent dans de mauvaises situations, ou lorsque leur vie va mal, qu'ils trouvent une incroyable motivation. Mais si tout va trop bien, peut-être qu'ils vont manquer de motivation et ne pas arriver à trouver leur mouvement.



Ne craignez pas d'aimer : aimez vos peurs !


Notre utilisation de ces deux moteurs dépend donc exclusivement de notre singularité et de notre histoire. La combinaison qu'on en fait est unique et propre à chacun. En règle générale, plutôt que de rejeter la peur et d'attendre l'amour, acceptez ces deux moteurs comme ce qu'ils sont : deux manières incroyables d'être et de rester en mouvement, et donc en vie. Si l'amour est le + et la peur le -, comme les deux pôles opposés d'un aimant, alors que se passe-il lorsqu'on a peur de l'amour ? + par - = -. L'amour est mis de côté, et il n'y a plus que de la peur, puisque l'amour lui-même devient une peur. Et que se passe-t-il lorsqu'on a peur de la peur elle-même ? - par - = +. On passe alors à côté de tout un moteur incroyablement puissant, en cherchant à tout prix à rester dans l'amour, mais par peur de ne plus s'y trouver... Par contre, accepter et aimer l'amour revient à faire + par + = +, donc à être dans l'amour. Accepter et aimer la peur revient à faire + par - = -, donc à s'éloigner naturellement de ce dont on doit s'éloigner, et ce en parfaite conscience. Le mieux serait donc d'accepter à la fois le + et le -, comme étant les deux pôles d'un même aimant en mouvement constant : la vie.



Alors multipliez tout par +, par votre amour, et profitez de vos forces extraordinaires. Apprenez à accepter vos peurs, et même à les aimer. Apprenez à accepter toutes les parties de vous, pour leurs permettre d'aller dans le meilleur sens possible pour vous-même. Aimez et acceptez de la même façon vos qualités et vos défauts, et vous verrez que ce que vous appeliez des défauts n'en sont pas. Ce que vous appeliez des peurs n'en sont pas. Ce que vous appeliez des faiblesses n'en sont pas. Ce ne sont que vos incroyables forces, au même titre que votre amour et que vos qualités...


En bref : Aimez vos peurs, et n'ayez pas peur d'aimer !


Je n'ai pas peur de le dire : je vous aime.

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David Renassia – Thérapies brèves

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David Renassia

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